« Pour la nouvelle année. – Je vis encore, je pense encore : je dois vivre encore, car je dois encore penser. Sum, ergo cogito : cogito : ergo sum. Aujourd’hui, chacun ose exprimer son vœu et sa pensée la plus chère : soit ! Je veux donc dire moi aussi ce qu’aujourd’hui je me souhaitais à moi-même et quelle pensée a cette année été la première à traverser mon cœur – quelle pensée doit être le fondement, la garantie et la douceur de toute pensée à venir ! Je veux toujours plus apprendre à voir la nécessité dans les choses comme le beau – ainsi serai-je l’un de ceux qui rendent belles les choses. Amor fati : que cela soit à présent mon amour ! Je ne veux mener aucune guerre contre le laid. Je ne veux pas accuser, je ne veux pas même accuser les accusateurs. Que détourner le regard soit mon unique négation ! Et, en tout et pour tout, et en grand : je veux, en n’importe quelle circonstance, n’être rien d’autre que quelqu’un qui dit oui. » Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir, §276, Livre IV, « Sanctus Januarius », trad. Floccari cité p.183 de Nietzsche et le Nouvel An (éd. Encre marine)

Dire oui en tout et pour tout. Quelque soient les circonstances, accepter son destin pour mieux vivre, pour continuer de penser, pour forger son esprit peu importe le beau ou le laid. Etre en toute circonstance: « Amor fati » de Nietzsch. Chercher un pourquoi à l’existence est-il encore une abnégation du réel? Le pourquoi du mental peut-il être remplacé par la vie en elle-même ? Une vie simplifiée, un destin acceptée, une maladie qui enclenche une renaissance. Le mental n’a de cesse de chercher, de vouloir être reconnu, aimé, de grandir encore et encore. Tout ceci n’est-il pas un leurre ? Faudrait-il se contenter du réel, de l’agréable, de rendre les choses belles par l’œil que l’on y porte ? Car oui, rendre les choses belles peut tout changer dans une vie. De l’oeil moribond aux lunettes du sacré, il n’y a qu’un pas. Une ficelle qui tend et se détend au rythme des vagues de l’océan. Ne pas couler, mais rester léger en surface: une recette ? Certainement pas de formule miracle mais un aiguisement de jour en jour, pas après pas, marche après marche. Voir la vie en couleur amène de la gaité, les pigments de peinture s’affinant avec le temps. Comme Nietzsch, je veux être de celles et ceux qui rient à la vie, qui voient en couleur, qui aspire à comprendre la multiplicité dans la simplicité de l’existence, à reconnaître l’extraordinaire dans l’ordinaire, à faire de ma vie une oeuvre d’art, tout simplement !

Je vous souhaite de faire de votre vie un tableau haut en couleurs.

Clémence

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *