Oui à la différence. En ce moment, je lis Mes démons d’Edgar Morin. L’un des chapitres qui m’a le plus marqué est lorsque le penseur exprime ses contradictions, le combat mené jeune « entre désespérance et espérance », « De ce trou noir d’une densité infinie, d’un vide infini, viennent d’une part, désespoir et scepticisme, d’autre part, espérance et foi et cela a suscité, généré un dialogique: aucun des deux termes antagonistes n’a jamais été vaincu ni vainqueur totalement, ils ne se sont pas entre-amortis, entre-ramollis, ils ont commencé à dialoguer en se combattant, à devenir productifs, c’est-à-dire à produire ce que je pense, ce que je suis ». (P62, le travail des contradictions, Mes Démons, Stock). Les contradictions intérieures peuvent ne pas uniquement être à l’origine du chaos, mais produire un être, façonner une pensée, un dialogue interne, qui de prime abord s’apparente à un combat pour finalement engendrer de la douceur. En revenant au monde d’aujourd’hui et à l’accélération planétaire, j’y vois quelque chose d’unique: la vie n’est pas une ligne droite, mais construite de multiples façons. Des contradictions douloureuses et des différences peuvent résulter de multiples cadeaux: des idées nouvelles, une pensée créatrice, un dialogue interne entre ombre et lumière non plus néfaste mais riche, une vie non pas « facile » mais pleine de sens. J’ai longtemps rejeté certaines parties de mon être qui ne demandaient qu’à communiquer avec celle qui désirait avancer. En intégrant et en acceptant mon ombre, celle-ci est devenue une véritable force, une alliée à bon nombres d’obstacles et j’ai ainsi pu gagner en sérénité. Je nous souhaite d’embrasser nos contradictions.

Clémence

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *