La montagne est belle.
Et elle est profondément transformatrice.
Ceux qui marchent ou pratiquent des sports de montagne seront probablement d’accord. La montagne offre un cadre d’évasion, de stupeur, d’émerveillement, d’étonnement et de contemplation. Dans mon parcours, la compétition s’est peu à peu apparentée à un ascenseur vers la contemplation.
Prise d’amour pour les paysages montagneux, il fut un temps où mon être entier — âme, cœur et corps — réclamait la montagne. Une grande histoire d’amour est née. Des collines écossaises aux Alpes, l’appel était toujours plus fort.
En Écosse, les chemins de randonnée sont rares, ce qui rend l’exploration et la découverte d’autant plus fascinantes. Munis de compas et de cartes, en compagnie de mes collègues universitaires britanniques, nous partions à la découverte de chemins escarpés dans les Highlands, gravissant monts et collines — modestes en altitude, 1 200 mètres tout au plus.
Les Highlanders, ces vaches et taureaux aux poils longs, nous laissaient de marbre, tant leur beauté et leur douceur nous désarmaient. La grandeur de ces paysages, bien que différente de celle des longues plaines canadiennes, a marqué mon âme en profondeur.
Lorsque la pandémie de Covid est arrivée, une opportunité professionnelle dans les Alpes s’est présentée presque naturellement. Sans hésiter, je suis partie vivre au cœur de l’un des plus beaux massifs d’Europe, dans l’une des villes les plus agréables de France.
La Haute-Savoie est devenue un immense terrain de jeu. Je retombais en enfance, m’évadant le midi ou le soir dans les eaux du lac d’Annecy ou dans les montagnes alentour.
Chaque week-end devenait une occasion d’aller toujours plus loin, toujours plus haut, avec mes camarades — majoritairement masculins. À ski de randonnée, en baskets de trail ou en chaussures de marche, nous arpentions les sommets de Savoie et de Haute-Savoie, probablement, sans le savoir alors, à la découverte de soi.
Je ne le savais pas encore, mais ces chemins d’exploration sportive allaient me conduire, quelques années plus tard, vers une exploration d’une autre nature. L’exploration extérieure et l’exploration intérieure ne sont finalement pas si différentes. Toutes deux cherchent, sans toujours le formuler, à rejoindre quelque chose de plus grand : un espace infini, un absolu qui dépasse tout, un retour à l’essentiel, à la simplicité du cœur… et à l’Amour.
Les nombreuses compétitions sportives auxquelles j’ai eu la chance de participer pendant plusieurs années ont été une véritable porte d’entrée vers la contemplation du monde. Jusqu’au jour où, blessée, mon corps a dit stop.
Il m’a murmuré que je n’avais plus besoin de courir des marathons ou des ultra-trails, ni de tout chercher à l’extérieur, pour découvrir l’essentiel.
Alors un autre voyage a commencé.
Je me suis mise à marcher sur des milliers de kilomètres, en pèlerinage. Ces chemins, profondément salvateurs, m’ont ramenée à l’intériorité de l’être humain : au travail d’introspection, d’acceptation, de guérison et de connaissance de soi. Un chemin pour dire un grand oui à la vie.
Chaque chemin est différent.
Mais le but de la vie n’est-il pas, au fond, de se reconnecter à l’Amour et à la fraternité ?
Clémence
