Le mal n’est rien d’autre que le vice.
Et il n’y a rien de plus dévastateur que lorsqu’il pénètre une vie humaine.

L’avons-nous laissé entrer ?
S’est-il glissé par des failles, par des blessures, par des lieux déjà fragiles ?
Peu importe, au fond. Une fois là, il est souvent difficile de s’en défaire.

Le mal assaille, fait souffrir, met à terre — parfois jusqu’à frôler la mort intérieure de celui qui en est victime. Ses conséquences peuvent s’apparenter à de véritables blessures de l’âme et du corps.
Personne n’y échappe : même les saints ont fait l’expérience du mal, sous des formes diverses.

Face à lui, l’être humain peut se sentir démuni, désespéré.
Alors, parfois, seule la prière, ou l’aide d’autrui, permet de tenir et d’entrevoir une issue.

Qu’il se manifeste à travers des événements, des épreuves, des abus, des violences, des vices ou des horreurs, le mal laisse souvent derrière lui des fruits amers.
Les conséquences peuvent être lourdes : traumatismes, peurs profondes, hypervigilance, stress post-traumatique, blessures qui marquent parfois toute une vie.

La vie n’est plus la même lorsque la souffrance a posé son empreinte sur l’innocence.
Le chemin devient alors semblable à un champ de bataille, où chaque rencontre semble menaçante, où la confiance est fragilisée, où le regard sur le monde se déforme.

Il faut parfois des années — parfois une vie entière — pour survivre à l’impensable, et commencer à le dépasser.

Et pourtant, la roue finit par tourner.
La lumière, tôt ou tard, revient.

Croire devient alors une ode à l’espérance.
Chaque jour, un pas de plus élargit le cœur, laisse de la place à la bonté et à la beauté, apprend à déposer jugements et critiques.

Lorsque le mal a frappé à notre porte et s’est glissé par une fissure de lumière, il nous rend amers, méfiants, parfois étrangers au monde. Le regard se durcit, la relation à l’autre se trouble.
Mais le chemin spirituel existe précisément pour cela : purifier ce qui a été altéré, non pour nier la souffrance, mais pour la traverser et la transformer.

Alors se dessine, peu à peu, un chemin singulier : le sien.
Un chemin qui peut devenir un champ de fleurs, ou une trajectoire au-dessus des nuages.

Traverser ces nuages est souvent nécessaire pour accéder à cette route lumineuse, où l’humain retrouve sa juste place, et où l’on comprend, avec le temps, que même le vice peut être appelé à se transformer.

Depuis plus de trois ans, chaque jour, j’ouvre mon cœur à ce chemin.
Il est parfois ardu, éprouvant, lent. Mais il m’apprend la bonté d’autrui, le don de soi, et le retour à l’essentiel.

Car le chemin spirituel ne consiste pas à accumuler des savoirs, des pratiques ou des expériences.
Il consiste bien plutôt à retirer, couche après couche, ce qui n’est plus juste — sans forcer, sans violence, sans précipitation.

Ce chemin n’est jamais achevé.
Mais chaque pas posé fait naître une joie discrète et profonde, comme un sourire calme adressé à la vie.

Je nous souhaite le courage d’embrasser ce chemin — à la fois magnifique, exigeant, parfois épuisant — et de le transformer en un joyau vivant.
Pour découvrir le Soi, au plus profond de l’être humain.

Clémence.

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